L’expression « marabout sorcier » revient souvent dans les recherches, tout comme « sorcier africain » ou « marabout voyant ». Elle mélange pourtant des figures que les traditions africaines et européennes distinguent nettement : le marabout, le voyant, le médium, le féticheur, le sorcier et le guérisseur. Chacun a son histoire, ses outils et sa place dans la société. Les connaître aide à savoir à qui l’on s’adresse, et pour quelle raison.
Pourquoi confond-on marabout et sorcier ?
Trois raisons expliquent la confusion.
- Le vocabulaire colonial. Explorateurs, missionnaires et administrateurs européens ont souvent appelé « sorciers » des prêtres, des devins ou des herboristes africains qui ne se désignaient pas ainsi. Le mot rangeait sous une même étiquette des pratiques qu’ils connaissaient mal.
- L’usage français du mot marabout. En France, « marabout » est devenu un nom générique pour tout praticien africain de la voyance ou des rituels, quelle que soit sa tradition.
- Le chevauchement réel des pratiques. En Afrique de l’Ouest, une même personne peut prier, conseiller, pratiquer la divination et préparer des protections. Les frontières existent, mais elles ne sont pas toujours étanches.
La recherche « marabout sorcier » naît aussi, bien souvent, d’une inquiétude : la crainte d’être visé par un sort, d’une jalousie dans l’entourage, d’une série de difficultés que l’on ne s’explique pas. Ce que l’on cherche alors, c’est moins un sorcier qu’une personne capable d’écouter, d’éclairer la situation et de proposer une protection. Distinguer les figures permet de mettre des mots justes sur ce besoin.
Le marabout : un guide religieux et spirituel
Le marabout est d’abord un lettré musulman. Le mot vient de l’arabe murābiṭ, l’homme du ribāṭ, ce poste fortifié où l’on priait et étudiait. Au Sénégal, au Mali ou en Guinée, il enseigne le Coran, guide la prière, conseille les familles, prie pour celles et ceux qui le sollicitent et prépare des amulettes. Il se rattache souvent à une confrérie soufie, comme la Tijaniyya ou la Mouridiyya.
Le marabout agit par la prière, la parole et le rituel. Ce qui le définit, c’est un savoir transmis de maître à disciple et la confiance des personnes qui le consultent, plus qu’un pouvoir personnel. Le guide qu’est-ce qu’un marabout revient en détail sur son histoire et sur le maraboutisme.
Voyant et médium : en quoi diffèrent-ils d’un marabout ?
Le voyant dit percevoir des informations cachées sur le passé, le présent ou l’avenir. Il s’appuie sur des supports (cartes, tarot, pendule, astrologie) ou sur ce qu’il présente comme une perception directe, la clairvoyance. Sa démarche consiste surtout à éclairer : il répond à une question et ne pratique pas forcément de rituel.
Le médium affirme servir d’intermédiaire avec les esprits, en particulier ceux des défunts. Cette figure s’est popularisée en Europe au XIXe siècle avec le spiritisme, que le Français Allan Kardec a codifié en 1857 dans Le Livre des Esprits.
En France, ces activités sont aujourd’hui libres. Il n’en a pas toujours été ainsi : le Code pénal de 1810 punissait d’une amende ceux qui faisaient métier de deviner, de pronostiquer ou d’expliquer les songes, une disposition qui a disparu avec le nouveau Code pénal, entré en vigueur en 1994.
Et le « marabout voyant » ? La divination existe bien dans les traditions d’Afrique de l’Ouest, avec ses propres techniques :
- la géomancie, ou « science du sable » (ʿilm al-raml en arabe), qui consiste à tracer des signes dans le sable puis à les interpréter ;
- la lecture des cauris, ces petits coquillages jetés sur une natte, dont le devin lit la position ;
- l’istikhara, une prière de consultation de la tradition musulmane, suivie d’une attente de signes, parfois en rêve.
Chez un marabout, la divination sert le plus souvent à éclairer une situation avant de proposer une prière, un conseil ou un rituel. Elle reste un moyen au service de l’accompagnement.
Le féticheur : qui est le gardien des cultes traditionnels ?
Le mot « fétiche » vient du portugais feitiço, « artifice, sortilège », lui-même issu du latin facticius, « fabriqué ». Les navigateurs portugais l’ont appliqué, dès le XVe siècle, aux objets sacrés qu’ils découvraient sur les côtes d’Afrique de l’Ouest. Le magistrat bourguignon Charles de Brosses en a tiré le mot « fétichisme » en 1760, dans Du culte des dieux fétiches.
En français d’Afrique, le féticheur désigne le prêtre ou le gardien des religions traditionnelles : il entretient les autels, fait les offrandes aux divinités et aux ancêtres, consulte les oracles. Au Bénin et au Togo, par exemple, les prêtres du vodun tiennent ce rôle. Le marabout se réfère à l’islam ; le féticheur, aux religions africaines plus anciennes, qui continuent d’exister à ses côtés. Dans la vie quotidienne, les deux se côtoient, et certaines personnes consultent l’un comme l’autre.
Le sorcier : un métier ou une accusation ?
Le sorcier occupe une place à part. Dans de nombreuses sociétés africaines, on ne se présente pas comme sorcier : on est accusé de l’être. Le sorcier est celui que l’on soupçonne d’agir dans l’ombre, par jalousie ou par malveillance, pour attirer le malheur sur autrui. En wolof, le dëmm est ainsi la figure redoutée de celui qui « mange » en secret la force vitale des autres.
L’anthropologue britannique Edward Evans-Pritchard a étudié ces croyances chez les Azandé, en Afrique centrale, dans un livre paru en 1937, traduit en français sous le titre Sorcellerie, oracles et magie chez les Azandé. Il y distingue la sorcellerie, pouvoir néfaste que l’on porterait en soi, parfois sans le savoir, et la magie, faite de gestes et de rites appris. Les Azandé eux-mêmes opposaient une magie admise et protectrice à une magie malveillante et socialement condamnée.
Le point est important : dans ces sociétés, on consulte le marabout, le devin ou le féticheur pour se protéger de la sorcellerie, pas pour devenir sorcier. L’expression « sorcier africain », héritée des récits coloniaux, recouvre donc souvent des personnes dont le rôle est l’inverse : protéger, apaiser, réconcilier. La différence entre ces deux intentions est développée dans le guide sur la magie blanche et la magie noire.
Le guérisseur ou tradipraticien : quel est son domaine ?
Le guérisseur, que l’on appelle aussi tradipraticien en Afrique francophone, connaît les plantes et les savoirs du soin transmis dans sa région. Son domaine touche avant tout au corps. Il se distingue du marabout, dont l’action passe par la prière et le conseil, même si les deux rôles se croisent parfois dans les villages.
En France, une consultation spirituelle ne remplace jamais l’avis d’un médecin : tout trouble physique ou psychique relève d’un professionnel de santé.
Qui fait quoi ? Le tableau des différences
| Figure | Référence | Moyens | Ce que l’on vient chercher |
|---|---|---|---|
| Marabout | Islam, souvent soufi | Prière, conseil, amulettes, rituels | Guidance, protection, apaisement |
| Voyant | Traditions diverses | Cartes, tarot, clairvoyance | Une réponse sur une situation |
| Médium | Spiritisme | Contact annoncé avec les défunts | Un message d’un proche disparu |
| Féticheur | Religions traditionnelles africaines | Autels, offrandes, oracles | Protection, accord des ancêtres |
| Sorcier | Figure de l’accusation | Maléfices supposés | Personne ne le consulte ouvertement |
| Tradipraticien | Savoirs locaux | Plantes, gestes transmis | Un recours traditionnel, qui ne remplace pas le médecin |
Où se situe Ndiaye Salifou Malick ?
Ndiaye Salifou Malick est marabout. Sa pratique relève de la spiritualité africaine et des pratiques traditionnelles : écoute, prières, rituels de magie blanche, protection. Il accompagne surtout des personnes confrontées à une rupture, une séparation ou un conflit de couple, ainsi que celles qui se sentent bloquées et cherchent un éclairage, ce que présente la page guidance spirituelle et déblocage.
Il reçoit au cabinet d’Aix-les-Bains, en Savoie, et consulte à distance, par téléphone ou WhatsApp, partout en France ; la plupart des rituels se font à distance. Le premier échange permet d’exposer sa situation et de connaître les possibilités d’accompagnement ainsi que les modalités de consultation. Les pages consacrées au marabout et à sa pratique et à la consultation à distance en donnent le détail.


